Pourquoi je fais mon shopping dans des magasins de seconde main ?

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J’ai eu l’idée d’écrire cet article pour plusieurs raisons.

D’une part, comme beaucoup de monde, j’accumulais, j’accumulais encore et toujours plus d’affaires en devenant quasi une boulimique de shopping.Combien de fois en faisant le tri de ma garde-robe, n’ai-je pas retrouvé de vêtements avec les étiquettes encore attachées ? D’autre part, en dépit du fait de savoir pertinemment que la moitié de ce qui était dans ma garde-robe ne me servait pas réellement, je refusais de jeter ou de donner quoi que soit. C’est ainsi que lorsque venait le moment fatidique du fameux tri, je me trouvais toujours une excuse afin de continuer à conserver des vêtements que je n’aimais plus ou qui étaient devenus trop petits.

Il est commun de penser que les vêtements de seconde main sont démodés, inutilisables ou qu’ils ne sont pas dignes d’occuper une place dans notre garde-robe. Cette idée, je la partageais moi aussi, jusqu’à ce que je découvre l’existence des Charity Shops en Angleterre, et plus particulièrement l’entreprise sociale TRAID à Londres qui est devenue un véritable coup de cœur ! En plus d’avoir l’impression d’acheter des vêtements neufs, je trouve leur gamme vestimentaire  très diversifiée avec des prix tout à fait abordables. C’est ainsi que  j’ai pu y trouver différents vêtements pour la saison hivernale, qu’il s’agisse de vestes, de pulls ou encore d’accessoires comme une écharpe et des gants.

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Charity Shop, qu’est-ce-que c’est ? 

C’est un phénomène assez développé dans les pays anglo-saxons mais peu connu dans les pays francophones. Le concept est assez simple : il s’agit de revendre des vêtements que n’utilisons plus mais qui sont encore en bon état. Souvent, on est assez réticent lorsqu’il est question d’acheter des vêtements déjà portés par quelqu’un d’autre auparavant car on a notamment peur que la qualité ne soit plus présente. Avant d’être vendus dans un Charity Shop, les vêtements sont cependant minutieusement triés par toute une équipe de volontaires, qui ne reprend que ceux qui sont en très bon état, c’est-à-dire très peu ou jamais portés par leur premier utilisateur.

Acheter, porter et jeter. 

Faire son shopping dans un Charity Shop n’est pas seulement un moyen de faire des économies, c’est également une façon de s’engager à petite échelle pour lutter contre ce qu’on appelle aujourd’hui le phénomène fast fashion. À l’instar des fast-food mais version vestimentaire, ce  concept désigne le remplacement rapide et à petit prix des collections des grandes marques vestimentaires. C’est tout notre rapport à la mode qui a dès lors changé car au lieu de nous intéresser à  la qualité des vêtements, nous donnons la priorité à la nouveauté.

Beaucoup de grandes firmes comme H&M tentent aujourd’hui de s’engager dans une économie plus circulaire en proposant à leurs clients de rapporter leurs vêtements usagés contre des bons de réduction. La triste réalité est que cette solution, même si elle part d’une bonne initiative, ne peut malheureusement pas s’inscrire dans un mode de développement durable.

D’une part, transformer un vêtement en un autre vêtement est  un processus très complexe et jusqu’ici aucune solution n’a pu être trouvée pour recycler un vêtement à 100 %. D’autre part, il relève du non-sens de qualifier de durable des marques comme H&M ou Primark car leur concept n’est pas de produire des vêtements durables mais bien de fournir des vêtements qui ne peuvent pas survivre après deux ou trois utilisations. Dès lors, ce genre d’initiative ne s’attaque pas au vrai problème à savoir revoir entièrement le mode de production pour changer notre mode de consommation vestimentaire.

Consommer de manière éthique !

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Est-il dès lors possible d’acheter de manière intelligente ? Nous sommes toujours avides de nouvelles choses, d’être à la mode, d’avoir sur soi les derniers accessoires tout juste sortis en boutique. Sans nous en rendre compte, nous entrons dans un cercle vicieux en accumulant dans nos armoires une multitude de babioles dont nous n’avons pas réellement besoin.

La particularité du Charity shop TRAID que j’ai découvert à Londres est que l’argent récolté est reversé à des projets de développement internationaux  avec pour objectif de lutter contre les salaires de misère versés aux ouvriers dans les pays en voie de développement. Ces fonds tentent de pallier les conséquences désastreuses qu’a la délocalisation des bases de production de l’industrie du textile.  L’argent est, par exemple, reversé à Oxfam qui travaille au Pakistan  pour améliorer la vie, les revenus et la santé des producteurs de coton et des cueilleurs dans le sud du Punjab en renforçant leur capacité de cultiver du coton sans l’utilisation de produits chimiques toxiques.

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De notre côté, quels efforts pouvons-nous fournir ?

Avant toute chose, je pense qu’il nous faut nous interroger sur nos achats. Quels petits changements quotidiens pouvons-nous faire afin de consommer moins et de consommer de manière plus intelligente ? Je sais qu’en Belgique et en France, nous n’avons pas énormément de boutiques de seconde main telles que présentées dans les pays anglo-saxons. Il existe cependant d’autres alternatives très similaires aux Charity Shop nous permettant de changer nos habitudes vestimentaires.

D’une part, les ventes privées de vêtements de collections précédentes. Plusieurs marques renommées proposent ainsi des déstockages, c’est-à-dire la revente à des prix moins élevés des vêtements de leur ancienne collection. Cela me semble un bon compromis. C’est non seulement un bon moyen de faire des économies mais également une bonne méthode pour obtenir des vêtements neufs de marques que vous appréciez.

D’autre part, de plus en plus de personnes organisent des vide-dressing permettant à des personnes d’une localité précise de se réunir, de tenir un stand et de s’échanger des vêtements. Cette méthode traditionnelle présente un aspect beaucoup plus familier dans la vente de vêtements de seconde main car vous connaissez la provenance et ceux qui les portaient auparavant.

J’ai également découvert un nouveau concept permettant de pallier les contraintes que présentent les groupes Facebook et les sites de petites annonces : il s’agit du site belge de boutique en ligne « entre-copines » qui nous donne l’opportunité d’acquérir des vêtements de seconde main quasi neufs triés par une équipe de professionnels s’engageant à fournir la meilleure qualité possible. Je trouve personnellement le concept très intéressant mais je n’ai pas encore eu l’occasion de le tester.

N’hésitez pas à laisser votre avis personnel afin de faire part de votre expérience, quels efforts essayez-vous de faire au quotidien ? Quelles alternatives connaissez-vous ? De même, n’hésitez pas à partager vos bons plans, ainsi que les sites ou les lieux que vous connaissez.

Au plaisir de vous lire,

Launy.

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6 Comments

  • Lili
    1 novembre 2016 8 h 35 min

    Félicitations ma belle 🙂

    • Launy
      2 novembre 2016 16 h 27 min

      Merci Lili 🙂

  • Ali. D
    16 novembre 2016 16 h 39 min

    Salut
    Il y a beaucoup de belles initiatives pour lutter contre la production incontrôlée et insoutenable des grandes firmes. Seulement, je crois, il reste à trouver des moyens efficaces pour sensibiliser les consommateurs. Et si l’on commence à la base? Faire en sorte que les tous petits grandissent avec la mentalité de la bonne action industrielle. Pour cela il faudrait des séances de mise en conscience dans les écoles avec, bien sûr, l’aide des dirigeants scolastiques.
    D’autre part, nous vivons une époque où les réseaux sociaux sont élargis sur toute l’étendu du globe et cela serait opportun d’en profiter pour tisser des toiles solidaires d’échange entre internautes par le biais simple de photos et de descriptions de l’outil en question.. peut être cela existe déjà mais n’empêche d’essayer d’élargir le phénomène pour en faire profiter un plus grand nombre de personnes. Dans tous les cas l’action des initiatives équitables et solidaires est un bon système pour contrecarrer l’anarchie dans la production industrielle et favoriser une vie plus réglo pour tous.
    Un grand Bravo à Launy pour sa participation à l’amélioration de la vie en général.

    • Launy
      17 novembre 2016 0 h 23 min

      Coucou Ali, merci pour ton commentaire, je rejoins tout à fait ce que tu dis. Un de mes prochains articles portera justement sur de nouvelles méthodes pour améliorer la qualité de l’enseignement, ce qui passera également par une prise de conscience dès le plus jeûne âge. N’hésite pas à continuer à laisser ton avis sur les prochains articles 🙂

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